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Evaluer le rapport coût-efficacité du dépistage du diabète de type 2

Thèse de Diala HAYKAL, présentée et soutenue publiquement le 22 mai 2014.

lundi 16 mars 2015

Le diabète de type 2 est une maladie fréquente et grave. Le nombre de diabétiques est estimé à 250 millions dans le monde entier, et à 3 millions en France, et les modèles estiment un doublement de sa prévalence en 2030. Le diabète de type 2 est une maladie chronique avec une longue phase asymptomatique, un tiers des patients diabétiques est asymptomatique. Son diagnostic clinique n’est possible qu’après 10 ans d’évolution. Les complications microvasculaires et macrovasculaires sont fréquentes et font la gravité de la maladie. Son dépistage précoce est théoriquement justifié mais son bénéfice en termes de coût-efficacité est controversé.

En dépistant le diabète, on espère diminuer la morbi-mortalité du diabète de type 2, son coût pour l’assurance maladie. Le médecin généraliste a un rôle primordial à jouer dans le dépistage du diabète de type 2.

Méthodes :

Nous avons mené une revue systématique de la littérature allant du 1er janvier 1975 au 1er février 2014 dans Pubmed à partir de l’accès fourni par le Web of Knowledge de l’université UPMC, avec les mots clés « Topic= (diabetes type 2) AND Topic = (screening) AND Topic= (cost-effectiveness) ». Notre requête a identifié 183 références. La sélection des articles a été faite en premier sur les titres et résumés, puis sur l’analyse du contenu de l’article. Nous avons analysé la validité interne de chaque article. Notre critère de jugement principal était le rapport coût-efficacité du dépistage du diabète de type 2.

Résultats :

Quarante-cinq articles ont été retenus. D’une manière générale, les critères de conformité proposés par SIGN étaient majoritairement respectés, avec des scores de conformité qui allaient de 54 à 90%. Le dépistage des sujets jeunes était coût efficace par rapport au dépistage des sujets âgés avec un ICER allant de $4 000 à $13 000 contre $12 000 à $116 000. Le dépistage renouvelé tous les 3 à 5 ans, sur la durée de vie entière était plus efficient que le dépistage unique (ICER de $2 000 à $25 000). A tout âge, le rapport coût-efficacité du dépistage ciblé du diabète de type 2 chez les patients à haut risque cardiovasculaire, hypertendus ou ayant une dyslipidémie ou obèses était plus coût-efficace comparativement au dépistage de masse et à l’absence du dépistage (ICER de $4 000 à $87 000). L’ICER était réduit davantage si le dépistage ciblé du diabète de type 2 était suivi par un traitement des facteurs de risque cardiovasculaire.

Conclusion :

Le dépistage individuel du diabète de type 2 était coût-efficace par comparaison à l’absence de dépistage et au dépistage de masse. Il était plus efficient lorsqu’il était proposé à des populations plutôt jeunes, et lorsqu’il était ciblé sur les sujets à haut risque cardiovasculaire. De même, le dépistage individuel répété avait un meilleur rapport coût efficacité que le dépistage unique. Enfin, la précocité de la mise en route d’un traitement après le dépistage conditionnait sa valeur ajoutée. C’est une stratégie facilement réalisable par le médecin généraliste et acceptable par le patient.

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