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Evaluation d’une technique de dépistage de l’artériopathie chronique oblitérante des membres inferieurs au stade asymptomatique en Médecine Générale.

Thèse de Neetish GUNNOO, présentée et soutenue publiquement le 3 juin 2014.

mardi 7 avril 2015

L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est un problème de santé publique important, concernant 11% de la population générale, qui tend à augmenter. Le dépistage de l’AOMI au stade asymptomatique est crucial en prévention secondaire. La technique de référence de dépistage de l’AOMI asymptomatique par index de pression systolique (IPS) avec un doppler continu est peu utilisée en médecine générale. L’objectif principal de cette étude a été d’évaluer les performances diagnostiques d’un outil plus facile d’utilisation, le tensiomètre automatique, dans le cadre de ce dépistage, et les objectifs secondaires visaient à comparer les IPS et les durées d’examen du tensiomètre automatique à ceux de la méthode de référence dans une population de médecine générale.

Méthode :

Une étude transversale compare ces deux techniques sur 3 modalités de calcul d’IPS : ABI-HIGH avec la pression de cheville la plus élevée, ABI-LOW avec la plus basse et ABI-MEAN avec la moyenne. Les performances diagnostiques de chaque méthode ont été recueillies avant d’être comparées.

Résultats :

78 sujets (soit 156 jambes) consultant en médecine générale pour tout motif confondu ont été inclus de manière consécutive de décembre 2012 à avril 2013. Les sujets ayant un IPS < 0,9 cumulaient en moyenne 1,6 à 2,3 facteurs de risque cardiovasculaire et les sujets ayant un IPS ≥ 0,9 cumulaient 1,3 facteurs de risque cardiovasculaire en moyenne. Sur le seuil ABI-LOW, le tensiomètre automatique avait une sensibilité de 16,2% (IC95 [0,074 ; 0,316]) et une spécificité de 100% (IC95 [0,961 ; 1]) avec une différence entre les deux techniques d=0,119 (p<0,0001). Sur le seuil ABI-HIGH, la sensibilité était de 37,5% (IC95 [0,138 ; 0,696]) et la spécificité de 98% (IC95 [0,939 ; 0,995]) avec une différence entre les deux techniques d=0,024 (p = 0,016). Sur le seuil ABI-MEAN, la sensibilité était de 15,8% (IC95 [0,049 ; 0,386]) et la spécificité de 97,8% (IC95 [0,934 ; 0,995]) avec une différence entre les deux techniques d=0,071 (p<0,0001). La durée de mesure était 2,2 fois plus courte pour le tensiomètre automatique (p<0,0001).

Conclusion :

Le tensiomètre automatique n’est pas équivalent à la méthode de référence pour le dépistage de l’AOMI asymptomatique. Mais devant ses performances diagnostiques comparées à la méthode de référence sur la modalité ABI-HIGH, le tensiomètre automatique pourrait être utilisé comme test de dépistage dans une population de médecine générale, notamment chez les sujets présentant ≥ 2 facteurs de risque cardio-vasculaire. Il permettrait alors de ne pas poursuivre inutilement les investigations chez les sujets ayant un IPS ≥ 0,9, sauf chez les sujets diabétiques avec un IPS > 1,3 qui nécessitent eux d’emblée une exploration complémentaire. Cette technique permettrait de généraliser le dépistage de l’AOMI asymptomatique notamment chez les praticiens de soins primaires qui auraient des difficultés à utiliser la méthode doppler pour diverses raisons.

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