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Mutilations sexuelles féminines : Vécu des femmes mutilées et prise en charge médicale.

Thèse de Mélanie HOROKS, présentée et soutenue publiquement le 24 décembre 2008.

mardi 21 avril 2009

On estime qu’environ 53000 femmes ayant subi une mutilation sexuelle vivent actuellement en France.

Le manque de connaissances des médecins sur le sujet, explique en grande partie leurs difficultés à prendre en charge ces patientes. Il semble également que les médecins éprouvent une appréhension à aborder avec les patientes mutilées ce sujet qui leur semble trop délicat.

Notre étude a pour objectif de savoir si les femmes excisées acceptent facilement d’aborder de sujet en consultation médicale, et de déterminer :
- quelles sont leurs plaintes,
- quelles est leur opinion sur la pratique des mutilations
- en quoi le médecin peut leur venir en aide.

Un questionnaire principal a été soumis par douze médecins de planification familiale à cent femmes mutilées. Puis un questionnaire secondaire a été proposé aux médecins ayant soumis le questionnaire principal aux femmes mutilées.

Notre étude a montré que
- 32% des femmes interrogées présentaient des symptômes génito-urinaires fréquents (douleurs mictionnelles, infections urinaires, douleurs vulvaires en dehors des rapports sexuels),
- 64% présentaient des difficultés sexuelles (sécheresse vaginale, douleurs, saignements lors des rapports sexuels),
- 74% se plaignaient d’insuffisance ou d’absence de désir sexuel.
- 53% des femmes pensaient que leurs difficultés sexuelles étaient liées à leur mutilation, et 39% n’en avaient jamais parlé auparavant. 39% des femmes avaient déjà utilisé un produit pour rendre les rapports sexuels moins douloureux (lubrifiant le plus souvent), et ce moyen était efficace dans 69% des cas.
- 47% des femmes ne connaissaient pas l’existence de la chirurgie réparatrice et 36% se disaient intéressées par cette intervention.

Après les entretiens, 84% des femmes ont donné un avis positif sur le fait d’avoir parlé de leur mutilation avec le médecin. L’enquête réalisée auprès des médecins a montré que les femmes n’étaient pas réticentes à parler de leur mutilation avec eux, et que ces entretiens avaient eu des conséquences positives pour de nombreuses patientes (demande d’informations supplémentaires, de reconstruction chirurgicale, demande d’organisation d’une journée de discussion sur ce thème, envoi d’amies mutilées).

Nous avons proposé un plan d’entretien simple à suivre pour les médecins qui voient en consultation des femmes mutilées. Nous espérons ainsi améliorer la prise en charge de ces femmes.

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