CMGE - UPMC
Accueil du site > Thèses de médecine générale > Rituels et intoxication au plomb chez l’adulte

Rituels et intoxication au plomb chez l’adulte

Thèse de Elsa FUSSLER BAGUR présentée et soutenue publiquement le 21/10/2011.

vendredi 20 janvier 2012

Le milieu culturel d’une société définit les types de risques auxquels vont être exposés ses membres, conséquence de leurs croyances, adaptations technologiques et considérations sociales générales. La santé, la maladie, les risques environnementaux sont toujours à intégrer dans le contexte culturel.

L’intoxication au plomb est bien connue chez l’enfant et l’adulte en milieu professionnel, mais d’autres sources de contamination existent. Du fait de la diversité culturelle croissante des patients, il devient important pour les médecins de comprendre les facteurs sociaux et culturels qui influencent leur santé.

L’objectif de notre étude est d’apporter un éclairage sur les pratiques culturelles à rechercher devant une anémie inexpliquée ou d’autres symptômes pouvant évoquer un saturnisme chez l’adulte.

Méthode : L’étude est basée sur l’analyse d’un cas de saturnisme lié à des rituels de désenvoûtement par le plomb et sur une revue de la littérature des reports de cas d’intoxication au plomb liée à des pratiques culturelles chez l’adulte.

Résultats : Les pratiques retrouvées dans la littérature étaient
- l’emploi de médecines traditionnelles,
- l’usage de drogues,
- l’utilisation de poteries à usage culinaire,
- le pica
- l’utilisation de cosmétiques à base de plomb.

Aucun autre cas d’intoxication par rituel à base de plomb n’a été décrit.

Les patients étaient essentiellement originaires d’Asie, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Les principaux symptômes étaient les troubles digestifs, l’asthénie, l’anorexie, l’amaigrissement et les symptômes neurologiques.

Chez notre patiente intoxiquée par rituel à base de plomb, le tableau clinique mimait une sclérose latérale amyotrophique.

L’anémie était souvent présente, avec des hématies ponctuées au frottis sanguin dans un tiers des cas.

Conclusion : La connaissance de ces pratiques culturelles par les professionnels de santé permet de les rechercher chez les patients à risque, dans un but de prévention primaire et secondaire, de dépistage et de diagnostic plus précoce.

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0