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La modernisation de la médecine japonaise d’Edo à Meiji : Rupture ou continuité ?

Thèse de Anne MILLERAND, présentée et soutenue publiquement le 4 mai 2011.

mercredi 25 avril 2012

Pendant sa phase d’ouverture (ère Meiji, 1868-1912), le Japon passa d’une médecine traditionnelle sino-centrée à une médecine moderne occidentale. Or s’agissait-il d’une acculturation médicale ? Ce processus n’était-il pas plutôt l’aboutissement d’une évolution endogène propre ?

Pour élucider ce point nous avons étudié l’histoire de la médecine japonaise, de la période prémoderne (ère Edo, 1600-1868) à la période moderne (ère Meiji), en se concentrant sur 4 aspects :

1) La pensée médicale. D’abord s’implante la médecine des correspondances Jin-Yuan, socle du paradigme traditionnel sino-japonais, avec pour arrière-fond le néoconfucianisme Zhu Xi. Rapidement de nouveaux courants (Kohoha et Honzogaku) cherchent à pallier les lacunes de ce modèle. Ceci mène à la première dissection japonaise (1754) et à la mode des études hollandaises (rangaku). Enfin sous Meiji, la recherche thérapeutique (acupuncture, ethnopharmacologie, thérapie de Morita) et le paradigme évolutionniste vont offrir de nombreux exemples de continuité conceptuelle et d’adaptation.

2) La profession. Outre une systématisation institutionnelle, Meiji recycle des mœurs séculaires.

3) La santé publique. Née en tant que telle sous Meiji, elle s’organise autour de concepts féodaux.

4) Les concepts populaires. Les concepts modernes sont réinterprétés à travers le prisme de la tradition et inversement.

Ainsi notre étude montre que la modernisation de la médecine japonaise offre plus de signes de continuité que de rupture avec le passé. Elle souligne aussi une caractéristique japonaise : la prégnance de l’adaptation des concepts exogènes au modèle interne.

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