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Enquête sur le don d’organes menée auprès de 200 patients consultant un médecin généralise du XXe arrondissement de Paris.

Thèse de Gaetan di PIETRO , présentée et soutenue publiquement le 6 mai 2011.

mercredi 25 avril 2012

Environ 4500 greffes d’organes sont réalisées en France chaque année et 40000 personnes vivent grâce à un organe greffé.

On estime que l’opposition des proches contre indique le prélèvement d’organes dans 30% des morts cérébrales recensées. Le caractère dramatique et brutal de la mort cérébrale, le manque d’information et la crainte d’une barrière religieuse pourraient en partie expliquer ce taux de refus important. Le but de ce travail était d’évaluer la position de patients de médecine générale au terme d’une consultation.

Matériels et Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective, colligeant les réponses des patients à un questionnaire standardisé. Les données démographiques et socioéthniques ont été recueillies. En cas d’opposition de principe au don d’organes, le concept de mort cérébrale, du prélèvements d’organes ainsi que la position officielle des autorités religieuses idoines étaient rappelés. Au terme de cette information, les patients indécis ou opposés au don d’organes ont été ré interrogés après un délai de réflexion de 15 jours.

Résultats.

Sur 224 patients ayant consulté du 30 août au 30 septembre 2010 dans un cabinet de médecine générale du XXème arrondissement de Paris, 200 patients [homme 92, d’origine caucasienne (30%), nord africaine (51%) ou africaine (18%), de confession musulmane (56%), catholique (20%), juive (13%), protestante (4%) ou athées (6%) ] ont accepté de répondre au questionnaire. Le temps d’attente avant de voir le médecin a été de 13 minutes et l’entretien a duré 10 minutes. Trente quatre pour cent des patients ont déjà réfléchi au don d’organes. Seuls 17,5% des patients connaissent la position de leurs proches sur le don d’organes, 7,5% des patients ont une carte de donneur, 12,5% des patients connaissent un patient nécessitant une greffe ou ayant été transplanté, 52% seraient prêts à donner leur organes en cas de mort cérébrale, 37% refusent et 11% sont indécis. Parmi les motifs de non acceptation, on retrouve la barrière religieuse (42%), le non respect de l’intégrité du corps humain (27%) et l’absence d’explication (18%). Un tiers des patients initialement opposés ou indécis (34) accepte le principe du don d’organes après la discussion avec le médecin généraliste. Sur ces 36 patients, le changement d’opinion est secondaire à l’explication et à la présentation de la position officielle des autorités religieuses compétentes pour 28 d’entre eux. Parmi les patients restant opposés au don, et acceptant d’être contactés (20/36), aucun n’a changé d’avis. Parmi les 26 patients indécis, 7 acceptent finalement le principe du don d’organes.

Conclusion

Une information brève et ciblée délivrée par le médecin généraliste, s’appuyant sur le concept du don d’organes et sur la position officielle des autorités religieuses, permet de réduire de 48% à 27% le pourcentage de patients opposés au principe du don d’organes

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