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Acceptabilité et faisabilité d’un dépistage systématique du VIH en Médecine générale

Thèse de Merouane SEGHOUANI , présentée et soutenue publiquement le 11 septembre 2012.

lundi 17 septembre 2012

Selon les estimations de l’ONUSIDA, le nombre de personnes vivant avec le VIH (le virus responsable du sida) dans le Monde était de l’ordre de 34 millions (IC 95 % [31,6 - 35,2 millions]) en 2010, contre 26,2 millions (IC 95 % [24,6 - 27,8 millions]) en 1999, ce qui correspondrait à une augmentation de la prévalence d’environ 29 %. C’est l’Afrique sub-saharienne qui supporte le poids le plus important de l’épidémie mondiale, le nombre total de personnes y vivant avec le VIH était de 22,9 millions (IC 95 % [21,6 - 24,1 millions]) en 2010, soit 67 % du total mondial.

Introduction :

Fin 2008, on estimait à 152 000 le nombre total de personnes vivant avec le VIH en France tandis que 50 000 personnes environ seraient infectées et ne connaîtraient pas leur statut vis-à-vis du VIH. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé de 2009 et le rapport 2010 des experts français pour la prise en charge du sida recommandent un dépistage systématique et élargi du VIH à toute personne âgée de 15 à 70 ans, en dehors de toute prise de risque particulière. Nous avons voulu étudier l’acceptabilité et la faisabilité de ce dépistage en Médecine générale de ville.

Matériels et méthodes :

Etude prospective, multicentrique, menée dans trois cabinets de Médecine générale sur une période de trois mois consécutifs. Nous avons proposé de réaliser un test de dépistage pour le VIH à tous les patients consultant au cabinet âgés de 15 à 70 ans, quelque soit le motif de consultation. Pour chaque patient, un formulaire était rempli par le médecin investigateur afin de recueillir : l’âge, le sexe, le pays de naissance, le niveau d’études, le niveau de connaissances sur l’infection par le VIH, la réalisation ou non d’une sérologie VIH antérieure, l’acceptation ou non du test de dépistage, les raisons éventuelles du refus et la date de réalisation effective de la sérologie VIH quand le patient avait accepté la proposition de dépistage.

Résultats :

Un test de dépistage pour le VIH a été proposé à 289 patients sur la période de l’étude et, après exclusion de ceux qui avaient déjà réalisé un test dans l’année précédente, ce sont 221 patients qui ont été inclus, 120 femmes et 101 hommes. La moyenne d’âge des patients était de 41,6 ans, 48,9 % d’entre eux avaient déjà réalisé une sérologie VIH par le passé. Le taux global d’acceptation du dépistage a été de 71,5 %, ce taux étant significativement lié au niveau de connaissances de l’infection ainsi qu’à l’investigateur. La principale raison de refus était dans 50,8 % des cas le fait pour le patient de ne pas se considérer comme « à risque ». Le taux de réalisation du test de dépistage du VIH chez les patients qui avaient accepté de le faire a été de 36 % ; ce taux est significativement lié à l’âge, au niveau d’études, au niveau de connaissances sur l’infection, à l’investigateur et au site. Aucune sérologie pour le VIH réalisée au cours de notre travail n’a été positive.

Discussion :

La proposition systématique du dépistage du VIH en Médecine générale semble bien acceptée par les patients. Une plus grande implication ainsi qu’une meilleure formation des médecins généralistes devrait encore améliorer ce taux d’acceptation. Le déploiement progressif des tests de dépistage rapide du VIH (TROD) dans les cabinets et l’intégration des médecins généralistes dans les réseaux de lutte contre le VIH (COREVIH) sont souhaitables pour rendre plus efficient un dépistage généralisé de cette infection.

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