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VIOLENCES CONJUGALES, GROSSESSE ET MEDECINE GENERALE. ENQUETE AU SEIN DE L’ASSOCIATION SOS FEMMES 93.

Thèse d’Hélène JOUDRIER, présentée et soutenue publiquement le 10 octobre 2012.

lundi 26 novembre 2012

Les violences conjugales touchent dans leur grande majorité les femmes.

Leurs conséquences sur la santé et la qualité de vie des femmes victimes sont lourdes, en terme de pathologies somatiques (notamment gynéco-obstétricales et lésions traumatiques directement liées à la violence physique) et psychiatriques (conduites addictives, troubles psycho-traumatiques). Les décès en rapport avec les violences conjugales peuvent découler de traumatismes physiques directs ou être la conséquence de suicides. L’isolement social enfin, en entretenant les violences, nuit encore plus à ces femmes.

Les violences conjugales entourant la période de la grossesse ont été peu étudiées.

Afin d’en déterminer les caractéristiques, et la place des médecins généralistes dans leur prise en charge, nous avons réalisé une enquête auprès des femmes victimes de violences conjugales de l’association SOS Femmes 93.

Lors d’entretiens semi-directifs, nous avons questionné ces femmes sur les violences subies avant et pendant la grossesse, au moment de l’accouchement, et lors du retour au domicile. Certains questionnaires ont été complétés par des entretiens afin de préciser le rôle du médecin traitant auprès de ces femmes victimes.

Sur les 28 femmes qui ont accepté de répondre au questionnaire, 27 ont été victimes de violences conjugales durant au moins une de leurs grossesses, et 100 % d’entre elles l’ont été en considérant la période du post-partum proche. Les violences sexuelles, les moins représentées, concernaient cependant 82 % d’entre elles. Sur les 62 grossesses étudiées,
- 11 se sont terminées par une fausse-couche (18 %),
- 5 par une interruption volontaire de grossesse (8 %).
- Dix accouchements ont eu lieu prématurément sur les 44 grossesses menées à terme, soit 23 %.
- Trois accouchements sur 44 ont eu lieu à domicile (7 %).
- Pour seulement 18 des 62 grossesses étudiées, les femmes ont parlé des violences subies à un professionnel de santé (soit 29 % d’entre elles).

La grossesse est une période à risque pour les femmes d’être victimes de violences conjugales. Les conséquences de ces violences sur les femmes et sur le foetus sont une raison supplémentaire d’en améliorer le dépistage et la prise en charge, notamment par les médecins généralistes qui sont en première ligne.

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