CMGE - UPMC
Accueil du site > Thèses de médecine générale > Représentations et conceptions de la médecine générale : regards croises (...)

Représentations et conceptions de la médecine générale : regards croises entre internes et médecins généralistes

Thèse de Ana FRANCO RODRIGUES, présentée et soutenue publiquement le 23 octobre 2012.

mercredi 20 mars 2013

Depuis 2004 la médecine générale est une spécialité. Mais persiste le spectre d’une filière « mal aimée ». L’objectif de ce travail est de savoir comment est vécue la médecine générale par ceux qui la pratiquent et la pratiqueront.

Introduction

Depuis 2004 la médecine générale est une spécialité. Mais persiste le spectre d’une filière « mal aimée ». L’objectif de ce travail est de savoir comment est vécue la médecine générale par ceux qui la pratiquent et la pratiqueront.

Méthodes

Nous avons étudié les représentations de la médecine générale selon trois thèmes : la formation, le métier et la profession. Il s’agit d’une recherche qualitative sur le verbatim issu des entretiens individuels menés en face à face avec 5 médecins généralistes installés depuis au moins 15 ans, ayant, donc, un recul sur la profession et 5 internes de médecine générale, permettant, ainsi, une analyse de chaque groupe et ensuite une comparaison entre les 2 groupes : médecins et internes.

Résultats

Formation

Une formation plus adaptée ? C’est ce qu’estiment les internes interrogés, mais aussi les médecins : ce qu’une partie des générations précédentes a appris « sur le tas » peut être acquis par la formation, même si le temps de stage « hors hôpital » est encore insuffisant. La formation a donc un poids fondamental dans la construction de l’avenir professionnel. L’enjeu est de centrer l’internat de médecine générale principalement sur cette pratique, alors que la majorité des internes n’effectue qu’un seul semestre en ambulatoire sur les trois ans d’internat. Le stage chez le praticien est pour les internes le moment clef de leur formation.

Métier

Bien que les internes n’aient qu’une petite expérience du métier de généraliste, ils partagent déjà l’opinion de leurs ainés sur les particularités inhérentes à ce métier : globale, polyvalente et de premier recours, créant une relation privilégiée avec les patients. Toute la spécificité du métier se situe dans cette relation. Les difficultés rejoignent les intérêts : la solitude dans la décision ; l’écoute ; la disponibilité. C’est dans le domaine psychosocial, que les internes se trouvent le plus démunis. L’enjeu qui apparaît est donc la nécessité d’augmenter le temps de l’enseignement pratique dans les conditions d’exercice de la médecine générale. L’information concernant toutes les perspectives d’exercice semble cruellement manquer.

Profession

Les 2 groupes considèrent la médecine générale comme une spécialité. Le libéral serait la meilleure façon de la pratiquer. L’avenir de la médecine pour les internes est dans le regroupement quel qu’en soit le cadre et les modalités. Les deux groupes estiment que la médecine générale en France est de bonne qualité, mais en cours de changement. Vers une revalorisation et une amélioration pour les internes, vers une augmentation des difficultés pour les médecins.

Conclusion

A l’issue de ce travail, la médecine générale ne semble pas si « mal aimée ». La « crise » évoquée semble celle des changements nécessaires pour qu’elle occupe une place affirmée et définie au sein du corps médical pour rester le premier recours des patients. Les médecins et les internes interrogés semblent investis et heureux d’exercer la médecine générale, même si pour certains, les débuts ont pu être difficiles. La féminisation de la profession annoncée et parfois crainte ne semble entraver en rien la volonté d’installation, puisque les internes femmes désirent s’installer plus rapidement que les hommes. Il semble que l’enjeu soit de sortir d’une image sans substrat réel, véhiculée de génération en génération, d’une médecine générale fantasmée comme médecine de second choix, difficile et ingrate, isolée et isolante. Plusieurs des internes en avaient cette vision avant de faire le stage chez le praticien : il faut donc, dans un souci de réalité et objectivité, inviter la médecine générale à la faculté, le plus précocement possible au cours du cursus universitaire, afin de permettre aux étudiants d’appréhender son véritable visage.

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0