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La supplémentation en vitamine D dans le suivi de grossesse normale en médecine générale : intérêt et modalités.

Thèse d’ Emilie MARCEAU-COLPART, présentée et soutenue publiquement le 2 octobre 2013.

mardi 14 janvier 2014

La vitamine D est une pré-hormone indispensable au maintien d’une bonne santé musculosquelettique, agissant par modification de l’expression de certains gènes, et suspectée depuis peu d’avoir en outre de nombreuses actions extra-osseuses.

La synthèse de la vitamine D nécessite l’exposition cutanée aux rayons UVB solaires. La part apportée par l’alimentation est négligeable. Le mode de vie occidental essentiellement citadin est à l’origine d’une insuffisance en vitamine D dans la population générale, qui touchent particulièrement les femmes enceintes. Il est recommandé de les supplémenter en France par une ampoule de 100 000 UI au troisième trimestre mais les nouvelles données à notre disposition laissent penser que cette supplémentation est peut-être insuffisante.

Cette thèse a pour but de proposer un protocole de supplémentation alternatif des femmes enceintes, applicable par le médecin généraliste, tenant compte de certaines données récentes, publiées ces dix dernières années dans la littérature médicale.

Les femmes françaises sont 80% à présenter une insuffisance en vitamine D, définie par un dosage de 25-hydroxy-vitamine D inférieur à 30 ng/mL. Or, la grossesse est une période de forte consommation. De nombreuses études observationnelles ont trouvé un lien statistique entre l’insuffisance en vitamine D et l’occurrence d’une pré-éclampsie ou d’un diabète gestationnel. La recherche sur les rôles extra-osseux de la vitamine D vient corroborer ces hypothèses. Il est néanmoins difficile de mesurer le poids de l’insuffisance en vitamine D dans ces deux pathologies obstétricales, en raison notamment de son intrication avec le surpoids et l’origine ethnique africaine.

Il existe quelques études récentes de supplémentation bien tolérée de plusieurs milliers d’unités de vitamine D quotidienne chez des femmes enceintes. Des doses de cet ordre sont nécessaires à l’obtention et au maintien d’un seuil suffisant de 25(OH)D pendant la grossesse. Certains chercheurs pensent qu’il faut néanmoins rester vigilant en raison du risque de provoquer des hypercalcémies chez un petit nombre de personnes prédisposées génétiquement.

En accord avec les propositions de l’Endocrine Society de 2011, il nous paraît judicieux de proposer un dépistage de l’insuffisance en vitamine D dès le début de la grossesse, à toutes les femmes enceintes, et de corriger cette insuffisance le cas échéant, par des doses de 1500 à 2000 UI/j pendant toute la grossesse, en surveillant que la 25(OH)D ne dépasse pas les 60 ng/mL.

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