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La prise en charge des patients migrants en médecine générale : soigner mieux en connaissant plus.

Thèse de Laura FEDERICI, présentée et soutenue publiquement le 8 octobre 2013..

mardi 1er avril 2014

Un paradoxe est né dans notre société : les progrès de la médecine créent des inégalités. La population migrante fait le lit de facteurs de vulnérabilité et voit son état de santé affecté. L’OMS signale que peu d’informations existent ce qui ne permet pas une analyse approfondie des problèmes.

Matériel et méthode :

Une étude prospective a été réalisée au sein d’un circuit hospitalier dédié aux consultations de médecine générale. L’échantillon a comporté 189 patients dont 91 migrants. L’hypothèse était que les migrants étaient moins suivis par un généraliste. L’objectif était de comprendre les mécanismes de cette carence et de proposer des solutions. Un recueil de données sur les caractéristiques des patients a été réalisé afin de mieux appréhender leurs spécificités. Puis ils ont été interrogés sur les désagréments rencontrés lors de leur accès aux soins afin que les pistes de réflexion soient en adéquation avec la réalité de leur état.

Résultats :

-  Population majoritairement masculine, âgée en moyenne de 40 ans. Migration dans les années 1980 pour des raisons familiales.
-  Présence d’indicateurs de précarité sociale : absence fréquente de couverture maladie, taux élevé de chômeurs et de patients en situation irrégulière.
-  Faible recours aux soins de médecine générale (p<0.05). Les principales contraintes évoquées sont :
-  La prise de rendez-vous.
-  Des problèmes d’ordre financier ou administratif.
-  Des difficultés de communication.

Conclusion :

Le rôle du médecin généraliste est d’adopter une attitude active. Les solutions proposées pour optimiser l’accès aux soins sont :
-  Eduquer et informer les patients.
-  Minimiser l’impact des difficultés financières et administratives en développant une collaboration - avec les réseaux sociaux.
-  Libérer des créneaux de consultation sans rendez-vous.
-  Acquérir des compétences en clinique transculturelle. En effet, le panel de cultures retrouvé dans l’échantillon illustre la tendance qu’a notre société à se métisser. Ceci nous incite à nous interroger sur le rôle des dimensions socio-culturelles dans la relation médecin-malade où chaque acteur va être animé sa culture, représentée par un système de codage qui va conditionner nos comportements. Dans la maladie, ce ne sera pas seulement un organe qui sera touché mais un individu, inséré dans une trame de sens et de valeur. A l’échelle du médecin, il ne s’agit pas de se prétendre ethnologue mais juste de prendre conscience de la nécessité de se décentrer pour se défaire de nos jugements hâtifs et de nos propres règles : nous ne soignerons pas un homme si nous heurtons sa conscience ou détruisons l’idée qu’il se fait des choses. C’est pour cela qu’une connaissance des patients est indispensable et c’est dans cette optique que la médecine transculturelle a été développée, pour soigner et comprendre, en prenant en compte les particularités de chacun.

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