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Signalement des suspicions de maltraitances envers les mineurs par les médecins généralistes.

Thèse de Evelyne DUBREUCQ GUERIF, présentée et soutenue publiquement le 5 juin 2014.

mercredi 16 juillet 2014

En France, 95000 cas de suspicions de maltraitances sur enfants ont été signalés à l’ODAS en 2005. Parmi ces signalements seuls 1% ont été réalisés par des médecins généralistes. Alors que les médecins généralistes ont une place privilégiée dans le dépistage et le signalement des suspicions de maltraitances, quelles sont les raisons de ce manque de signalement et quels en sont les freins.

Matériels et Méthodes

Une étude qualitative par entretiens semi-structurés a été réalisée entre septembre 2012 et juillet 2013 afin de recueillir les perceptions, attitudes et expériences des médecins généralistes d’île de France à propos des maltraitances à enfants.

Résultats

L’étude a été réalisée auprès de 30 médecins généralistes et l’analyse qualitative a permis de mettre en évidence 8 thèmes avec entre 4 et 16 sous-thèmes : Image de la maltraitance, méconnaissances des signes cliniques de maltraitance, méconnaissance de la Protection de l’enfance, identification du médecin au parent agresseur, perception du signalement par le médecin généraliste, déni de la maltraitance, répercussions du signalement, contraintes administratives supposées.

Discussion

Les principaux freins retrouvés sont entre autres : le manque de repérage des situations de maltraitances, la non connaissance du signalement, la complexité déclarée et supposée de la procédure. Le manque de repérage est lié à un manque de connaissance des maltraitances par les médecins généralistes, rares sont ceux qui ont été formé et parmi ceux qui ont eu une formation, celle ci était selon eux non adaptée à leur pratique professionnelle, et plus adaptée au milieu hospitalier. Ce travail nous permet de mettre en évidence les mécanismes conscient et inconscient d’occultation, de déni, de refus de voir, et donc de refus de dépistage des maltraitances envers les enfants que nous, médecins, mettons en place faute de formation adaptée sur ce sujet. La complexité de la procédure du signalement est enfin évoquée pour justifier du peu de signalements, il s’agit là encore d’une supposée raison invoquée pour déresponsabiliser les médecins. Une information régulière sur les certificats, les signalements, la responsabilité médicale, les obligations des médecins et sur la CRIP permettraient d’améliorer les connaissances des médecins, le repérage et la protection des enfants victimes. Une implication de l’ordre des médecins qui accompagneraient enfin les médecins, sans les culpabiliser ou les effrayer en cas de signalements permettraient de modifier l’implication des médecins.

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