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Place du traitement non pharmacologique dans le prise en charge de la gonarthorse chez 60 patients.

Thèse de Mikaël LABOS soutenue en novembre 2004.

jeudi 16 juin 2005

L’arthrose est la plus fréquente des affections rhumatologiques.

Avec plus de 8,7 millions de consultations et de visites par an en France, elle représente le premier motif de consultation du médecin généraliste dans les pays d’Europe de l’Ouest, et la seconde cause d’invalidité après les maladies cardio-vasculaires. Un adulte sur deux présente au moins une localisation arthrosique lors d’un dépistage radiologique systématique et dans les tranches d’âge les plus élevées cette prévalence atteint 85 %.

Nous assistons actuellement à un phénomène de vieillissement global et prolongé de la population mondiale, en particulier dans les pays développés. La part des personnes âgées de 80 ans et plus devrait connaître une croissance de 124 % en Europe et de 234 % en Amérique du nord durant la période 2000-2050 25. Dans ce contexte, la prévalence et l’incidence de l’arthrose notamment, vont connaître une croissance considérable : selon l’étude de Lawrence et coll 66, en 1995 environ 15 % des Américains (soit 40 millions) avaient une forme d’arthrose alors qu’en 2020, ils seront 18.2 % (soit 59.4 millions) à en être atteints.

Le poids économique de l’arthrose, déjà important dans les sociétés développées, est appelé à croître (les coûts économiques des affections articulaires en général ont été récemment estimés à 1.5-2.5 % du produit national brut aux USA 22 et en France, en prenant en compte les coûts à la fois directs et indirects, on évalue les dépenses de santé liées à l’arthrose à 6,28 milliards de francs par an), ce qui devrait en faire une des préoccupations majeures de santé publique pour les années à venir 70.

L’arthrose du genou est, avec la coxarthrose, la localisation la plus grave de la maladie arthrosique. Elle est deux fois plus fréquente que l’arthrose de hanche et parfois source d’un handicap fonctionnel majeur. La grande majorité des 40.000 prothèses du genou mises en place en France chaque année, le sont pour ce diagnostic.

L’idée que l’arthrose était une simple affection du vieillissement présidait il y a peu. On sait désormais que la physiopathologie de l’arthrose est beaucoup plus complexe. Les chondrocytes sont des cellules actives, assurant synthèse et dégradation de la matrice cartilagineuse. La régulation de cette activité par des facteurs mécaniques et par de nombreux médiateurs biologiques est maintenant démontrée. La physiopathologie de l’arthrose résulte d’un déséquilibre entre ces voies anaboliques et cataboliques 5. L’individualisation de ces médiateurs offre sans cesse de nouvelles cibles thérapeutiques 5, néanmoins la place du traitement non pharmacologique ne doit pas être oubliée.

Nous savons d’après les recommandations de l’EULAR 80, 95 (recommandations évaluées par un groupe d’experts européens en 2000), que la prise en charge optimale de la gonarthrose repose sur l’association de traitements pharmacologiques et non pharmacologiques comprenant "l’éducation du patient, la pratique d’exercices physiques réguliers, l’utilisation d’aides techniques (cannes, semelles, genouillères) et la réduction d’une surcharge pondérale".

L’objectif principal de mon travail est d’évaluer, à travers une enquête observationnelle et rétrospective, la place du traitement non pharmacologique dans la prise en charge de la gonarthrose conformément aux recommandations de l’EULAR 2000 80, 95, chez 60 patients souffrant de gonarthrose évoluée.

Il s’agit en fait d’essayer d’obtenir une "photographie" de toutes les mesures non pharmacologiques utilisées par les patients au cours de l’évolution de leur gonarthrose, dans le but de connaître comment sont appliquées ces recommandations par les médecins et éventuellement les éléments influençant ces applications.

Ce travail s’inscrit dans un objectif de prévention à la fois secondaire et tertiaire, puisqu’en tant que clinicien, les patients qui viennent nous consulter sont des patients souffrant, la plupart du temps, d’une maladie arthrosique déjà symptomatique, chez lesquels nous devons nous efforcer de limiter la progression et réduire ou prévenir le handicap fonctionnel en se conformant aux recommandations de l’EULAR.

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