CMGE - UPMC
Accueil du site > Thèses de médecine générale > Les violences faites aux femmes : enquête nationale auprès des étudiants en (...)

Les violences faites aux femmes : enquête nationale auprès des étudiants en médecine

Thèse de Valérie AUSLENDER, présentée et soutenue publiquement le 24 sêptembre 2015.

mercredi 18 novembre 2015

Les violences faites aux femmes sont un problème de santé publique. Aujourd’hui en France, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. Les médecins ont un rôle primordial dans le repérage et la prise en charge des femmes victimes de violences et leur orientation vers un réseau de professionnels.

OBJECTIFS :

Etudier l’état des connaissances des étudiants en médecine de deuxième et troisième cycles d’études médicales sur le thème des violences, leurs éventuelles confrontations en stage aux victimes de violences ainsi que leur appréciation des soins qui leur ont été prodigués. Déterminer si les étudiant-e-s ont subi personnellement des violences.

MATERIEL ET MÉTHODE :

Etude observationnelle prospective réalisée de juillet à octobre 2013 auprès des étudiants en médecine de France sur le thème des violences. Un questionnaire anonyme a été envoyé par courrier électronique à plus de 32.000 étudiants. Les données ont été traitées par le logiciel R puis analysées.

RÉSULTATS :

1.472 étudiants en médecine ont répondu au questionnaire avec une majorité de femmes (65%), d’étudiants du Sud-Est (35%) et de DCEM1 (45,8%). Plus de 80% des étudiants en médecine estiment ne pas avoir reçu de formation sur les violences. Les étudiants sont confrontés à des patient-e-s victimes de violences en stage et à des victimes de violences dans leur entourage. Ils sont eux-mêmes victimes de violences et de harcèlement en stage : 9% des étudiants en médecine déclarent avoir subi personnellement des violences sexuelles, 24,5% des violences physiques, 34,7% des violences psychologiques et 48,2% des violences verbales. 81,3% des étudiants n’ont jamais posé la question « Avez-vous été victime de violences ? » à des patient-e-s. 71,9% des étudiants pensent que cette question est difficile à poser. Les étudiants formés aux violences ont moins de difficultés à poser la question et repèrent mieux les victimes de violences en stage. Plus de 95% des étudiants sont intéressés pour recevoir une formation adaptée sur les violences, les dépister et traiter les conséquences. Plus de 93% des étudiants attribuent un rôle majeur au médecin pour prendre en charge les violences sexuelles et physiques.

CONCLUSION :

Les étudiants en médecine sont peu formés aux violences et souhaitent l’être. Suite à cette enquête, un enseignement sur les violences a été élaboré par un groupe d’experts au sein de la MIPROF dans le cadre de la formation initiale des études médicales et sera effectif pour l’examen classant national de 2016.

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0