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Freins à la déclaration du médecin traitant chez les patients présentant une maladie mentale sévère : Enquête qualitative auprès de patients hospitalisés en psychiatrie

Thèse de Karine LABAT-VANHOUCKE née LABAT, présentée et soutenue publiquement le 15 décembre 2015.

jeudi 24 décembre 2015

Les patients porteurs d’une maladie mentale ont fréquemment des comorbidités somatiques qui ne sont souvent pas prises en charge.

Ces comorbidités sont responsables d’une surmortalité par cause « naturelle » en moyenne 2.5 fois plus élevée que dans la population générale, et d’une diminution de l’espérance de vie de ces patients de 10 à 15 ans. Malgré ce constat, le suivi somatique des patients souffrant de pathologies psychiatriques est loin d’être optimal, notamment en ce qui concerne la prise en charge extra-hospitalière, même si depuis 2004, le médecin traitant a été placé au coeur de la prise en charge globale de tous les Français. Par conséquent, nous nous sommes intéressée aux freins à la déclaration du médecin traitant par le patient, en réalisant une étude qualitative au moyen d’entretiens semidirigés chez 10 patients psychotiques ou avec des troubles de l’humeur hospitalisés à l’EPS Paul Guiraud à Villejuif.

Nous avons ainsi mis en évidence que ce n’est pas par défaut d’information que les patients souffrant de troubles mentaux sont moins souvent suivis par un médecin traitant. En effet, le principal frein au suivi ambulatoire de ces patients est représenté par la maladie psychiatrique elle-même et ses symptômes, qui rendent l’accès aux soins des patients très compliqué : angoisse de mort, anosognosie, méfiance pathologique, troubles cognitifs, intolérance à la frustration, seuil de tolérance à la douleur plus élevé. Les autres freins retrouvés dans notre étude sont la précarité sociale, notamment l’absence de logement fixe, la peur de la stigmatisation, la complexité du parcours de soins coordonnés et un manque de disponibilité des médecins généralistes.

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