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Problématiques de santé et suivi médical des internes en médecine générale de la Faculté de Médecine Pierre et Marie Curie.

Thèse de Cécile MOUSNIER-LOMPRE épouse BAUDLOT présentée et soutenue publiquement le 16 avril 2015

jeudi 24 mars 2016

Une population de 153 internes en médecine générale de l’université Paris 6 a accepté en décembre 2012 d’évaluer son état de santé et la façon dont celle-ci était prise en charge.

Pour cela, un questionnaire reprenant neuf thèmes (informations générales, suivi médical général, prise de toxiques, suivi dentaire et ophtalmo, suivi gynécologique, vaccins, suivi psychologique/psychiatrique, violences subies au cours de l’internat et absences en stage) leur a été distribué au début de cours dispensés à la faculté.

Nous retiendrons les éléments suivants :

- Une population globalement en bonne santé mais moyennement bien suivie sur le plan médical général.

- Une absence de consultation du médecin traitant et un manque de suivi des pathologies chroniques (60% d’automédication).

- Un manque de respect de la législation concernant la médecine du travail à la fois par l’hôpital et l’interne : peu de convocations et peu de consultations.

- Une consommation de tabac comparable à la population générale mais une consommation d’alcool et de cannabis a priori fortement minimisée.

- Un renoncement important aux soins dentaires et ophtalmologiques, principalement par manque de temps.

- Un suivi gynécologique et une couverture vaccinale obligatoire globalement satisfaisants.

- Une santé psychique fragile et des comportements alarmants dans ce domaine (seuls 25% des internes en difficulté consultent à ce sujet, plus de 60% d’automédication en antidépresseurs et plus de 80% d’automédication en anxiolytiques).

- Une difficulté à s’absenter de l’hôpital en cas de maladie liée au manque d’internes, à la pression exercée conjointement par la hiérarchie et les co-internes ainsi que la culpabilité ressentie en cas d’absence.

- Un moins bon suivi somatique et un état psychique plus fragile chez les internes de sexe masculin et en dernière année d’internat par rapport à leurs collègues de sexe féminin et en début de troisième cycle.

- Un meilleur suivi médical chez les internes vivant au domicile familial ou seuls par rapport à ceux vivant en couple ou en colocation.

Nous avons conclu, face à ces résultats, que la santé des internes reste un sujet dont il faut se préoccuper dès aujourd’hui.

Il est urgent d’obtenir des améliorations tant sur le plan de leur suivi médical que sur leurs conditions de travail en explorant notamment sur les pistes suivantes : charge de travail des internes, mentalité de la hiérarchie hospitalière mais aussi des étudiants en médecine, efficacité de la médecine du travail et lieux de consultation adaptés

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