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Stratégies de diagnostic précoce des formes sévères de maladie alcoolique du foie par l’utilisation de tests non invasifs : Enquête auprès de médecins généralistes, d’addictologues et d’hépato-gastroentérologues en Île-de-France.

Thèse de Harold GONTARD, présentée et soutenue publiquement le 20 septembre 2016.

jeudi 22 septembre 2016

La maladie alcoolique du foie (MAF) est une pathologie fréquente et potentiellement grave dont le pronostic peut être nettement amélioré par un arrêt ou une diminution de la consommation d’alcool.

L’amélioration sera d’autant plus importante que la prise en charge sera précoce. Le diagnostic de la MAF à un stade précoce ne bénéficie cependant actuellement d’aucune recommandation, malgré l’apparition récente de tests non invasifs (TNI) pour le diagnostic de fibrose hépatique (tests sanguins et élastométrie hépatique).

Objectifs et méthodes :

Nous avons voulu faire un état des lieux comparatif des pratiques cliniques concernant le diagnostic précoce de la MAF et l’utilisation des TNI dans ce contexte, par des généralistes, addictologues et hépato-gastroentérologues (HGE), à l’aide de questionnaires spécifiques adressés à des praticiens de ces trois spécialités, exerçant en Île-de-France.

Résultats :

Au total, 65 généralistes, 43 addictologues et 43 HGE ont répondu aux questionnaires. Le diagnostic précoce de la MAF était jugé « important » ou « très important » par 67,7% des généralistes, 69,7% des addictologues et 79,0% des HGE. Cependant, 30,8% des généralistes vs. 16,3% des addictologues ne connaissaient pas l’élastométrie hépatique et un pourcentage plus élevé ne connaissait pas les tests sanguins. Les addictologues déclaraient majoritairement prescrire « rarement » ou « jamais » les TNI (58,1%). Pour les trois spécialités, les deux obstacles les plus importants pour un diagnostic précoce de la MAF étaient la mauvaise observance des patients et l’absence de recommandations. Venaient ensuite la difficulté d’aborder le problème de l’alcool pour les généralistes, l’accès difficile aux TNI pour les addictologues et le faible intérêt général pour la question de la MAF pour les HGE.

Conclusion :

Malgré un plébiscite de l’importance du diagnostic précoce de la MAF, notre enquête montre que les praticiens voient de nombreux obstacles à la généralisation d’un tel diagnostic. A côté de l’inobservance supposée des buveurs excessifs et de la difficulté de l’abord de la question de l’alcool chez certains praticiens, la méconnaissance et la faible utilisation des TNI jouent probablement un rôle. Dans ce contexte, des recommandations claires associées à une formation spécifique et la promotion d’une pratique clinique pluridisciplinaire seraient susceptibles de favoriser une prise en charge plus précoce de la MAF.

SUMMARY

Background :

Alcoholic liver disease (ALD) is a relatively frequent and potentially severe pathology. There is a prognosis benefit which is associated with abstinence from alcohol or alcohol consumption’s reduction. The earlier those measures begin, the more important are the benefits. Although there are non-invasive tests (NIT) newly available for the hepatic fibrosis diagnosis, such as biomarker tests (e.g. FibroTest® or FibroMetre®) or hepatic elastography (FibroScan®), there are actually no French guidelines for ALD’s early diagnosis.

Aim and method :

We wanted to compare the current clinical practice about the early diagnosis of ALD and the use of the NIT, by general practitioners (GP), addictologists, and gastroenterologists (GE) of Ile-de-France. As a method, we conducted a descriptive and comparative study with a survey using a specific questionnaire for each category of specialist.

Results :

A total of 65 GP, 43 addictologists and 43 GE answered to the questionnaires. The ALD early diagnosis was judged as very important for 79% of GE, for 69.7% of addictologists and 67.7% of GP. However, 30.8 per cent of general practitioners vs. 16.3 per cent of addictologists did not know hepatic elastography and a higher rate of the specialists did not know the biomarker tests. Most addictologists declared that they never prescribed or very rarely the NIT (58.1). For those three medical specialties, the two most significant barriers to an early diagnosis of ALD were poor patient compliance and the lack of guidelines. Then the GP found difficult to approach the alcohol issue with their patient, the difficult access to the NIT for addictologists and the low interest of practitioners for this issue according to the gastroenterologists.

Conclusions :

In spite of a plebiscite for the importance of the ALD early diagnosis, our study shows that practitioners see many barriers to its widespread application. Besides the assumed excessive drinker’s failure and the difficulty to approach the alcohol issue with their patient, the ignorance of the NIT and their low uptake may probably play a great part. In this context, clear guidelines associated with a specific training and multidisciplinary clinical practice should promote a better ALD care.

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