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Gestion des Etats Septiques Graves au cabinet médical : évaluation des connaissances, de la formation et du besoin ressenti en formation des médecins généralistes d’Île de France.

Thèse de Mylène Séphora FROMENT, présentée et soutenue publiquement le 18/05/2016

vendredi 14 avril 2017

Les Etats Septiques Graves (ESG) représentent un enjeu de santé publique important dont l’incidence est constante et associée à une mortalité de 30% [1]. La précocité et l’agressivité de la prise en charge anti-infectieuse et hémodynamique sont des éléments majeurs du pronostic. Cela nécessite une identification précoce par les médecins généralistes, premiers maillons de la « chaîne de survie » de l’ESG [2].

Méthode :

Nous avons mené une étude épidémiologique descriptive à partir d’un questionnaire anonyme sur un échantillon de 100 médecins généralistes (MG) d’Île de France évaluant leurs connaissances, leur formation ainsi que leur besoin ressenti en formation concernant le diagnostic et la gestion des ESG. L’ensemble des données recueillies a été analysé par statistique exploratoire multidimensionnelle avec analyse en composantes principales et analyse en composante principale focalisée puis étude de la corrélation successivement.

Résultats :

L’incidence de confrontation aux ESG en cabinet de ville était fréquente (59%). Seuls 60% des médecins s’estiment compétents pour reconnaître un ESG. Les définitions du sepsis (8%) et du sepsis grave étant peu connues (70% mais 4% de reconnaissance de situations cliniques d’ESG). 31% et 40% respectivement s’estimaient confiants ou maladroits dans la gestion d’un ESG. Le besoin ressenti en formation était de 76% (théorique) et 45% (pratique). La reconnaissance de situations nécessitant une antibiothérapie immédiate au cabinet était fréquente mais incomplète. Par ailleurs, l’ESG n’était pas toujours perçu comme une situation d’urgence vitale. Toutefois, la capacité diagnostique des ESG augmentait avec la gravité, sans être corrélée à la durée de la pratique médicale. Les principes de prise en charge étaient relativement bien connus malgré le défaut de connaissance théorique observé. Ceci suggère l’existence de facteurs subjectifs permettant le diagnostic d’ESG. Parmi la population de l’étude, les MG ayant une formation et/ou une activité parallèle de médecine d’urgence avaient plus de connaissances et un meilleur sentiment de capacité à identifier et à gérer un ESG.

Conclusion :

Cette étude a observé un défaut de connaissances théoriques et un besoin de formation des MG concernant les ESG. Les modalités du maintien de la formation des médecins généralistes à la prise en charge des états septiques graves restent à préciser.

Référence :

[1] I. Jawad I. J Glob Health. Juin 2012. [2] M. Singer et al.JAMA. 2016.

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