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Vaccination des migrants primo-arrivants : enquête sur les pratiques des médecins généralistes français

dimanche 30 septembre 2018

Les personnes migrantes primo-arrivantes sont exposées à des vulnérabilités multiples et à un risque augmenté de maladies infectieuses à prévention vaccinale. Elles présentent pourtant souvent une couverture vaccinale incomplète et/ou un statut vaccinal inconnu. Une étape préalable à l’établissement de recommandations françaises sur la conduite du rattrapage vaccinal des personnes migrantes était de caractériser les pratiques de rattrapage vaccinal des médecins français.

Une enquête des pratiques des médecins généralistes français en termes de rattrapage vaccinal des personnes migrantes a été conduite entre 2016 et 2018. Elle reposait sur un questionnaire en ligne diffusé par mailing aux médecins généralistes français impliqués dans la prise en charge et la vaccination des personnes migrantes par l’intermédiaire de plusieurs sociétés savantes. Au total, 216 médecins généralistes ont répondu à l’enquête. Une majorité se déclarait dans la moyenne en ce qui concerne la thématique de la prévention des maladies infectieuses auprès des personnes migrantes, bien que celle-ci fasse partie de leur pratique quotidienne. Chez une personne migrante âgée de 2 ans et plus, en l’absence d’information sur les vaccinations antérieures, les médecins généralistes libéraux effectuaient plus souvent une primovaccination complète systématique que les médecins exerçant en centre de santé (44,4% vs 24,5%, ORa 2,90, IC95% [1,29-6,53]). Les médecins exerçant en centre de santé reprenaient plus souvent le calendrier vaccinal en fonction de l’âge ou avaient recours à des sérologies prévaccinales. En dehors de la sérologies hépatite B et dans une moindre mesure rougeole, les autres sérologies prévaccinales étaient peu utilisées en pratique courante. La consultation du site de l’OMS pour connaitre le calendrier vaccinal du pays d’origine et l’utilisation des sérologies postvaccinales restaient des pratiques marginales. Les médecins généralistes déclaraient majoritairement à 66,3% administrer un maximum de 2 injections le même jour. En cas de barrière de la langue, les médecins généralistes avaient peu recours à l’interprétariat professionnel.

Bien que les médecins généralistes soient nombreux à vacciner des personnes migrantes primo-arrivantes quotidiennement, beaucoup ne s’estiment pas suffisamment expérimentés sur cette question et leurs pratiques rapportées sont très hétérogènes. L’élaboration des recommandations HAS/SPILF, attendues pour 2019, permettront surement d’appuyer les médecins généralistes dans leurs décisions.

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