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La grève des enseignants et le journal Le Monde

samedi 9 décembre 2006

La médecine générale se mobilise pour plus de reconnaissance ( article de Cécile Prieur, le Monde en date du Samedi 9 Décembre 2006).

Plus d’un millier d’enseignants de médecine générale, d’internes et d’étudiants en médecine ont manifesté, jeudi 7 décembre à Paris, pour dénoncer "l’absence de reconnaissance " de la médecine générale et réclamer la création effective d’une filière universitaire. En grève depuis un mois dans la quasi-totalité des facultés de médecine, les enseignants de médecine générale exigent la titularisation de leurs postes et les moyens d’enrayer la désaffection des étudiants pour la disciplien. " Si rien ne change, il n’y aura plus de médecins généralistes en France dans quelques annnées", prévient ainsi Vincent Renard, président du Syndicat des enseignants de médecine générale (SNEMG). Historiquement, la médecine générale n’était pas considérée comme une spécialité médicale à part entière mais était le plus souvent choisie par défaut par les étudiants en médecine, quand ils échouaient au concours de l’internat (choix d’une spécialité). La réforme des études médicales, entrée en vigueur en 2004, a voulu y remédier en érigeant la discipline au rang de la spécialité, au même titre que la chirurgie ou la gynécologie. Mais l’expérienc s’est soldée par un semi-échec:depusi trois ans, 2000 postes de médecine générale ( soit 30% du total) ont été boudés par les étudiants, qui leur ont préféré des spécialités plus prestigieuses et mieux rémunérées, comme la cardiologie ou la radiologie. Pour les enseignants de médecine générale, la raison de ce rejet tient aux "difficultés de fonctionnement " de la spécialité. Les 115 médecins généralistes qui assurent l’enseignement sont toujours vacataires et les maîtres de stage, qui assurent la prise en charge des étudiants dans leur cabinet, mal rémunérés. Les grévistes demandent donc la création d’une véritable corps d’enseignants titulaires, seuls susceptible de créer une filière universitaire et d’offrir ainsi des perspectives de carrière et de recherche aux futurs généralistes.

Menacée à terme

Ils réclament également la mise en place d’un stage de médecine générale au cours des premiers cycles d’études médicales pour faire découvrir la discipline aux étudiants. Seule spécialité à assurer les soins de proximité aux patients, la médecine générale serait, à terme, menacée.

D’après l’Observatoire de la démogrpahie des professions de santé, le nombre de généralistes devrait dimineur de 13 % d’ici à 2005 contre 7% pour les autres spécialités. Paradoxalement, cette baisse annoncée intervient alors que l’Etat a choisi d’octroyer au médecin génraliste un rôle central dans le parcours de soins. " Il existe une interrogation forte sur l’avenir de la médecine générale et sur les risques de contradiction entre le rôle de pivot que lui accordent les politiques publiques et la désaffection dont elle pâtit aujourd’hui", notait ainsi le dernier rapport de l’Observatoire public en novembre.

Le ministre de l’enseignement supérieur, François Goulard, a promis que le décret mettant en place la filière universitaire serait promulgé en mars. Le ministre a par ailleurs rappelé, mardi 5 décembre devant l’Assemblée nationale, que 20 postes de professeurs associés ont été crées en 2006, et que 5 millions d’euros étaient prévus, en 2007, pour améliorer la rémunération des maîtres de stage. Mais ces réponses sont loin de satisfaire les grévistes. Pour le président du SNEMG, "le statut de professeur associé, c’est exactement l’équivalent de la non-filière qu’on déplore depuis des annnées ".

Cécile Prieur.

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